Votre entreprise gagne 100 000 $ : combien reste-t-il réellement au dirigeant au Québec vs France ?

Votre entreprise gagne de l’argent et réalise des bénéfices. Parfait ! Mais entre le résultat affiché par votre société et la somme qui arrive réellement sur le votre compte personnel, il reste encore plusieurs étapes entre l'impôt de la société, la distribution des bénéfices et la fiscalité du dividende...
Et sur ce terrain, la France et le Québec fonctionnent très différemment.
La comparaison devient particulièrement intéressante pour un dirigeant québécois qui envisage de développer son activité en France : regarder uniquement le taux d’impôt payé par la société ne permet pas de savoir ce qu’il restera réellement une fois les bénéfices distribués.
Pour rendre la comparaison concrète, partons du même montant :
100 000 $ CA de bénéfice avant impôt au Québec contre 100 000 € de bénéfice avant impôt en France.
Il ne s’agit évidemment pas de comparer la valeur de 100 000 CAD à celle de 100 000 €. L’objectif est de suivre le parcours fiscal d’un même montant de bénéfice dans chacun des deux systèmes.
Cet article présente des situations volontairement simplifiées afin d’illustrer les différences de mécanisme entre le Québec et la France. La fiscalité applicable dépend notamment de la structure juridique, de la résidence fiscale du dirigeant et des actionnaires, de leurs autres revenus, de la nature des dividendes et, dans un contexte France–Canada, de la convention fiscale applicable. Pour en savoir plus, demandez à Blendy CPA
Pour notre simulation, nous retenons :
une société imposée au taux général dans chaque pays et un dirigeant-actionnaire résident fiscal du pays concerné.
Au Québec, nous supposons également que le dirigeant n’a pas d’autre revenu imposable dans l’année et que la société peut lui verser un dividende déterminé.
Au Québec, le bénéfice est d’abord imposé dans la société
Prenons une société par actions établie au Québec qui réalise 100 000 $ CA de bénéfice avant impôt. Son bénéfice est imposé à deux niveaux : au niveau fédéral canadien et au niveau québécois.
Le taux général fédéral canadien sur les sociétés est de 15%. Le taux général au Québec est de 11,5%. Dans notre exemple simplifié cela donne :
100 000 $ de bénéfice − 26 500 $ d’impôt sur les sociétés = 73 500 $ disponibles pour être distribués
Mais ces 73 500 $ ne sont pas encore le montant net que conserve personnellement le dirigeant. Le dividende doit ensuite être déclaré dans ses revenus personnels.
Et le dividende dépend aussi de la situation personnelle du dirigeant

C’est là que la mécanique québécoise diffère fortement de la France. Il n’existe pas un taux forfaitaire unique applicable de la même manière à tous les dividendes et à tous les dirigeants.
Le montant d’impôt dépend notamment du revenu total de la personne et du type de dividende qu’elle reçoit. Les taux personnels sont progressifs, au niveau fédéral comme au Québec.
Dans notre simulation, les 73 500 $ sont versés sous forme de dividende déterminé. Cette distinction est importante, car le régime fiscal canadien tient compte du fait que le bénéfice a déjà été imposé dans la société.
Le dividende est intégré au revenu fiscal du particulier selon un mécanisme de majoration, puis des crédits d’impôt pour dividendes sont appliqués aux niveaux fédéral et québécois.
Pour le dirigeant, il n’est pas nécessaire de retenir toutes les formules pour comprendre le principe : la société a déjà payé de l’impôt et le système en tient compte au moment de taxer le dividende chez l’actionnaire.
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Sur 73 500 $ distribués, combien reste-t-il au dirigeant québécois ?
Reprenons précisément notre scénario :
dirigeant résident fiscal du Québec ;
aucun autre revenu imposable pendant l’année ;
73 500 $ de dividende déterminé.
Avec les taux et crédits applicables en 2026, notre simulation aboutit à environ 2 000 $ d’impôt personnel sur cette distribution.
On obtient donc, en arrondissant :
100 000 $ de bénéfice avant impôt− 26 500 $ d’impôt société= 73 500 $ distribuables
puis :
73 500 $ de dividende − ≈ 2 000 $ d’impôt personnel = ≈ 71 500 $ nets pour le dirigeant
100 000 $ de bénéfice initial → environ 71 500 $ dans la poche du dirigeant dans notre scénario.
Ce chiffre mérite néanmoins une précision importante. Il ne signifie pas que les dividendes québécois sont systématiquement très peu taxés.
Notre dirigeant ne dispose ici d’aucun autre revenu imposable. S’il perçoit déjà un salaire, d’autres dividendes ou d’autres revenus, son résultat peut être sensiblement différent puisque son imposition personnelle dépend des tranches de revenus applicables.
C’est donc bien un exemple, pas un taux universel.
En France, sortir le bénéfice d’une SAS se fait aussi en deux temps
Prenons maintenant une SAS française qui réalise 100 000 € de bénéfice avant impôt sur les sociétés, puis distribue le solde à son actionnaire.
Première étape : 25% d’impôt sur les sociétés
Le taux normal de l’impôt sur les sociétés en France est de 25%.
Sur 100 000 € : 100 000 € de bénéfice − 25 000 € d’impôt sur les sociétés = 75 000 € disponibles pour être distribués.
Là encore, ces 75 000 € ne sont pas encore le montant net du dirigeant.
Deuxième étape : le dividende est imposé chez l’actionnaire
Depuis 2026, le prélèvement forfaitaire applicable aux revenus du capital atteint 31,4% : 12,8% au titre de l’impôt sur le revenu et 18,6% de prélèvements sociaux.
Dans notre exemple :
75 000 € de dividendes − 23 550 € de fiscalité sur le dividende = 51 450 € nets
100 000 € de bénéfice initial → 51 450 € dans la poche du dirigeant.
L’actionnaire peut, selon sa situation, opter pour le barème progressif plutôt que pour le prélèvement forfaitaire. Pour conserver un comparatif simple, nous retenons ici le régime forfaitaire.

Québec vs France : ce que montre vraiment la comparaison
Dans notre simulation, l’écart est important : ≈ 71 500 $ nets au Québec contre 51 450 € nets en France.
Mais il faut regarder ce résultat avec prudence. Au Québec, ce montant dépend directement de notre hypothèse : un dirigeant sans autre revenu imposable, qui reçoit un dividende déterminé. Avec un salaire, d’autres dividendes ou d’autres revenus, le résultat change.
C’est justement ce que montre cette comparaison : le taux d’impôt payé par la société ne suffit pas pour savoir ce que le dirigeant conserve réellement.
Il faut suivre le cash jusqu’au bout :
bénéfice de la société → impôt société → dividende → impôt personnel → net pour l’actionnaire.
Et au Québec, la situation personnelle du dirigeant pèse beaucoup plus directement dans le calcul final.
Vous dirigez une société à Montréal et créez une filiale en France ? Le calcul change
Pour une entreprise québécoise qui s’implante en France, le schéma peut être très différent de celui que nous venons de comparer.
Imaginons une société de Montréal qui crée une filiale française. Les bénéfices réalisés en France ne sont pas forcément distribués directement au dirigeant québécois.
Le flux peut suivre ce parcours : filiale française → société mère québécoise → actionnaire québécois.
Il faut alors analyser chaque étape séparément.
La convention fiscale entre le Canada et la France encadre notamment la retenue qui peut s’appliquer lorsqu’une société française verse un dividende à une société canadienne.
Lorsque la société canadienne détient au moins 10% du capital de la société française et remplit les conditions prévues, la retenue française sur le dividende peut être plafonnée à 5%. Dans les autres situations couvertes par la convention, le plafond est généralement de 15%.
Mais cela ne veut pas dire qu’il suffit d’appliquer 5% et que le calcul est terminé.
Il faut ensuite regarder comment ce dividende est traité au Canada et ce qui se passe si la société québécoise distribue à son tour l’argent à son actionnaire.
C’est pourquoi, pour une entreprise québécoise qui ouvre une filiale en France, la bonne question question à se poser est "Comment faire remonter les bénéfices de la France vers le Québec, puis éventuellement jusqu’au dirigeant ?".
Et cette organisation mérite d’être pensée avant les premières distributions.
Une implantation en France doit être pensée à l’échelle du groupe
Pour une entreprise de Montréal ou du Québec qui commence à faire des affaires en France, la fiscalité du dividende n’est qu’un élément du sujet.
Il faut aussi regarder :
qui détient la société française,comment elle est financée,
où sont réalisés les bénéfices,comment circulent les flux entre les deux pays,
et quand le dirigeant souhaite réellement sortir le cash à titre personnel.
Une structure pertinente pour laisser les bénéfices dans le groupe et financer son développement ne sera pas nécessairement la même qu’une structure conçue pour distribuer régulièrement du cash à ses actionnaires.
C’est là que la comparaison des seuls taux d’impôt trouve rapidement ses limites.
Blendy CPA accompagne les entreprises entre le Québec et la France
Blendy CPA accompagne des entreprises québécoises dans leur gestion financière et leurs projets internationaux, avec une expertise des environnements français et québécois.
L’objectif n’est pas simplement de comparer deux taux ou deux formes de société.
Il s’agit de regarder l’ensemble du parcours du cash, de la société opérationnelle jusqu’à l’actionnaire, en tenant compte de la structure du groupe et des projets de développement entre les deux pays.
Vous dirigez une entreprise au Québec et envisagez une implantation en France ?
Parlons de la structure la plus cohérente pour votre développement et vos flux France–Québec.
Sources :
Blendy CPA Inc, comptable infonuagique pour les entreprises québécoises, vous aide à éliminer 100% de vos tâches chronophages. Ensemble, optimisons la gestion financière de votre entreprise grâce à l'automatisation comptable et une expertise de longue date sur QuickBooks!




